Confinement

En décembre 2019 je découvrais l’existence d’un nouveau virus, le Covid-19 dont l’épicentre se situait dans la ville de Wuhan en Chine. A l’époque, j’étais loin d’imaginer que le virus allait se propager aussi rapidement sur la planète entière.

Pourtant, le 17 mars 2019 le Covid-19 continue à se répandre et à 12h00, le confinement est imposé sur tout le territoire français.

Comme beaucoup, l’heure est à l’isolement et je me retrouve ainsi à demeure avec ma femme et ma fille, dans une petite ville du sud-ouest de la France, tout près d’Angoulême.

Mais je suis persuadé que la période de confinement va durer longtemps, et je m’interroge alors pour savoir comment m’occuper pendant les prochains jours, voire les prochaines semaines. Prendre du temps avec ma famille ? Faire un peu de sport ? Ranger la maison ? Entretenir la peinture des extérieurs ? Jardiner ? Me former ? Bref il faut que je m’organise pour ne pas me laisser ronger par les médias, par le pessimisme ambiant.

Comme je suis passionné de photographie, je souhaite également réaliser des images pendant cette période.

Mais que photographier alors que le périmètre de déplacement est limité à 1 km du domicile ? Utilisant cette situation et histoire de mettre un peu de piment, j’envisage alors de réaliser des photos avec les contraintes du confinement en m’imposant un nouveau thème tous les jours. Je décide de partager cette idée et j’invite des collègues du club photo à participer à l’exercice. Tous les soirs à 20:00, je leur propose un nouveau thème photographique et ils ont 24:00 pour faire leur proposition sur un groupe Facebook créé pour l’occasion.

Les thèmes sont divers, tout ce qui me passe par la tête, mais avec l’idée de faire quelque chose d’assez joyeux en essayant de faire appel à la créativité.

En imaginant une future série nommée « confinement », j’essaie en parallèle de m’imposer des contraintes supplémentaires :

  • Réaliser les photos spécialement pour l’exercice,
  • Utiliser le même boîtier, la même focale fixe,
  • Présenter chaque photo de façon identique : photo au format carré avec le titre de l’exercice en dessous,
  • Mélanger le noir et blanc et la couleur,
  • Introduire quelques portraits,
  • Tenter d’harmoniser les couleurs

Pendant cette période, les thèmes suivants sont proposés : Une fleur en noir et blanc, Complémentaire…, Plastique, Photographiez la dernière chose qui vous a fait rire, Demain c’est le printemps, mettez-le en boite, Le compte est bon, Monochrome ou Duotone, Mon œil, Photographiez le passé, Photographiez votre ombre, Laissez-nous deviner votre livre de chevet, Mettez de la texture dans vos noirs et blancs, Un vase, une pomme, composez maintenant, Rose, Vous prendrez bien un café ? Minimaliste, Faites du sport, Il est tard, C’est l’heure de l’apéro, Taraxacum officinale, Tête en l’air, 22 v’là les flics, Terre, Visez la lune

Routine matinale

Tous les matins, au réveil nous faisons à peu près toujours les mêmes gestes. L’idée de la série était de mettre en scène cette routine matinale.

Mais comment mettre en images quelque de chose de complètement banal à mes yeux ? J’ai réfléchi un peu de temps avant d’identifier des plans qui pouvaient être pris en photo.

Voici donc 8 photos qui représentent mon train-train matinal. Et pour vous ça se passe comment ?

Le sentier des lutins

J’aime me promener en forêt, à pied ou à vélo. Ces moments de grands airs sont apaisants et permettent de se ressourcer. La nature reste aussi un grand terrain de jeu et de découverte.

Pas très loin de la maison, j’ai repéré il y a quelques temps un petit chemin étroit où des décorations laissées au sol ont attiré mon attention : motif en débris de terre cuite, boucles en osier tressés… S’agit-il de créations d’enfants ?

Un dimanche après-midi d’hiver, je me décide de retourner sur les lieux et prendre le temps d’examiner en détail, les différentes créations entreposées le long du sentier.

D’habitude je dévale rapidement ce passage légèrement vallonné,  les doigts crispés sur les freins du VTT. Aujourd’hui, je reviens à pied.

Après quelques minutes de marche, je repère la naissance du sentier. Je pénètre dans ce passage couvert et je découvre une multitude de motifs au sol, des créations de boules de fragon, de mousse et de lierres attachées aux branches. Un peu plus loin, une hutte est dressée avec à l’intérieur des pierres disposées en cercle, comme rappelant un ancien feu.

Alors que de n’avais pas prêté attention à vélo, une bifurcation apparaît. Par curiosité je choisis de suivre ce chemin qui semble se diriger vers la paroi rocheuse. Je distingue plus loin de grands piquets assemblés comme un échafaudage. Je m’approche et je découvre des marches aménagées avec des bouts de bois. Je grimpe l’escalier et atterris sur une plateforme menant à une grotte enfoncée dans le rocher.

Un gros gourdin en forme de tête d’animal et différents piquets organisés en croisillons semblent protéger l’entrée. Une vieille poêle laissée sur un âtre imaginaire semble rappeler un ancien festin. Mon œil est attiré vers un morceau de plastique sur lequel est inscrit « Attention traverse de lutins ».

J’entre dans la grotte. L’intérieur est aménagé. Un coin cuisine où je peux imaginer un gibier tout juste chassé et cuisant à la broche. Dans le centre, des bouts de bois sont organisés à la façon d’une table et de bancs. Plus loin un tapis de mousse est entouré de petits cailloux à l’image d’un lit. J’ai l’impression d’être transporté dans le passé, à l’époque de la préhistoire.

Je poursuis mon chemin et je découvre une deuxième grotte en cours d’aménagement.

Ce sentier décoré, ces grottes aménagées m’interpellent et j’imagine qu’il a fallu de nombreuses heures, voire des journées pour effectuer ces différents aménagements. Mais je ne parviens toujours pas à répondre à la question initiale. S’agit-il de réalisations d’enfants ou adultes ? Dans tous les cas, le résultat est surprenant et remarquable.

J’essaierai de revenir prochainement sur ce sentier des lutins.

Monologue d’un corps

Le texte ci-après vous raconte l’histoire de la série « Monologue d’un corps » qui sera présentée à l’occasion du festival de l’émoi photographique 2018 du 24 mars au 29 avril.

Cette série est née de la collaboration d’une jeune écrivaine (20 ans), Candice Labrousse et d’un photographe, Philippe Le Roy (52 ans).

Nous sommes voisins, et nous habitons une petite ville de la banlieue d’Angoulême. Nous nous sommes rencontrés lors d’une séance photo pendant l’été 2016. Pendant ce shooting, nous avons échangé sur nos passions et nous avons imaginé de travailler ensemble sur un projet.

Nous souhaitions construire une œuvre commune, tout en laissant à chacun la liberté de s’exprimer dans sa discipline.

Au début de l’automne 2016 la feuille était blanche et nos interrogations étaient multiples : Comment l’écriture pouvait-elle se mêler à la photographie ? L’écriture devait-elle porter la photographie ? La photographie devait-elle être le sujet principal ? Après quelques journées de réflexion individuelle, nous avons déterminé le contour du projet. Nous avons choisi un thème qui nous tenait à cœur : le corps humain.

Nous habitons tous un corps avec notre âme. Vous souhaitions aborder le corps avec un regard différent. Aussi nous avons imaginé chaque partie du corps humain comme un individu qui raconte une histoire. Chaque partie du corps avec une âme et une conscience.

Candice s’est attelée à l’écriture des différents textes, pendant que Philippe réalisait les différents plans photographiques nécessaires à l’œuvre finale. La construction s’est étalée sur 3 mois environ, pour donner naissance à une première version qui a été présentée en février 2017, dans une médiathèque de l’agglomération d’Angoulême.

Le thème de l’émoi photographique 2018, « le corps dans tous ses états » approchait dans l’idée, la série que nous avions construite tous les deux. Nous avons donc décidé de présenter nos 12 planches à la sélection.

Pour répondre aux critères imposés, nous avons quelque peu adapté la série « Monologue d’un corps » : changement du format d’impression, réduction des textes, modification des fonds.

Au cours de l’automne 2017, nous avons appris avec beaucoup de bonheur que notre série avait retenu l’attention du jury.

Nous sommes heureux aujourd’hui de vous présenter notre œuvre commune.

Vous trouverez ci-après un aperçu des planches qui seront présentées lors du festival de l’émoi photographique du 30 mars au 25 avril 2018 à Angoulême. Pour toute information complémentaire n’hésitez pas à vous rendre sur le site www.emoiphotographique.fr