2 tasses

Le 4 mars dernier je reçois un mail d’un certain Mourad résidant à Montréal au Québec. Dans un français approximatif, il me demande d’aller dans le cimetière de ma commune afin de photographier une sépulture collective où son arrière-arrière oncle paternel repose. Ce dernier serait décédé en 1918 suite à l’incendie qui aurait ravagé la petite auberge qu’il détenait. Joint à ce mail je découvre le plan du cimetière avec la position exacte de la tombe à photographier. Mourad m’indique également qu’il est prêt à payer à l’avance pour obtenir ces photos.

Croyant à un fake, je relis le message à plusieurs reprises. Le lendemain, piqué par la curiosité et à l’occasion d’une marche solitaire, je me décide d’entrer dans le cimetière. Je retrouve rapidement la sépulture au lieu indiqué. Celle-ci semble abandonnée et ne comporte plus d’indications.

Je prends alors quelques clichés avec mon smartphone afin de les communiquer par mail. Je poste le message à 17:58. La réponse arrive dans la nuit du 6 mars à 01:45.

« Trop d’émotions…Merci pour votre confiance… » Une nouvelle fois il me propose de me régler les photos…

Quelques jours passent et toujours dans l’incertitude, je décide à supprimer cette conversation de ma boite mail.

Ce 20 mars, en pleine période de confinement, j’ouvre ma boite aux lettres et j’y trouve un colis en provenance … du Canada. J’ouvre le carton et découvre 2 tasses de café avec les coupelles, accompagnées d’une lettre de remerciement de Mourad.

J’en souris encore…

L’Hermione

L’Hermione est un navire de guerre français en service de 1779 à 1793. C’est une frégate de 12 (en référence au calibre de ses canons) portant 26 canons de 12 livres et 8 canons supplémentaires de 6 livres.

Elle est connue pour avoir conduit pour sa deuxième traversée le marquis de La Fayette aux États-Unis en 1780, lui permettant de rejoindre les insurgés américains en lutte pour leur indépendance.

L’Hermione est mise en chantier en décembre 1778 à l’arsenal de Rochefort sur les plans d’Henri Chevillard, dit Chevillard Aîné. On est alors en pleine guerre d’indépendance américaine et les chantiers navals français, qui passent pour les meilleurs du monde, fonctionnent à plein régime. La frégate est mise à flot le 28 avril 1779, soit moins de six mois après sa mise sur cale.

L’ambition de l’Association Hermione-La Fayette était de reconstruire le plus fidèlement possible la frégate d’origine (à quelques inévitables adaptations près) un navire de plus de 65 mètres de long portant trois mâts et 2 100 m2 de voilure, et dont la coque est entièrement réalisée en chêne.

Les plans du navire originel étant perdus, ce sont ceux de son sister-ship la Concorde qui ont servi pour construire la réplique, avec les modifications nécessaires pour entrer dans le cadre de la réglementation actuelle mais aussi pour assurer un confort minimal à l’équipage.

La Marine nationale a fourni un pavillon national géant identique à celui qui flotte au-dessus du pont du Charles-de-Gaulle.

Reconstruite dans l’ancien arsenal de Rochefort à partir de 1997 et lancée en eaux salées le 7 septembre 2014, après 17 ans de construction, la réplique ne nécessite qu’un équipage réduit de 80 personnes travaillant en quart, là où le navire originel était manœuvré par 200 marins.

Quelques chiffres : un grand mât à 54 mètres au-dessus de la quille, 2 000 chênes sélectionnés dans les forêts françaises, un puzzle de plus de 400 000 pièces de bois et de métal, 1 000 poulies, une tonne d’étoupe pour le calfatage, 22 canons au calibre des boulets de 12 livres sur le pont de batterie et 6 canons au calibre des boulets de 6 livres sur le pont de gaillard.

Aujourd’hui, l’association Hermione – La Fayette s’occupe des éléments suivants :

  • L’entretien et la maintenance du navire pour qu’il soit en état de naviguer
  • L’organisation de la navigation et la préparation des nouveaux voyages de la frégate
  • La gestion du site touristique avec l’accueil des visiteurs à Rochefort et en escale.

[Sources : wikipedia.org]

Monologue d’un corps

Le texte ci-après vous raconte l’histoire de la série « Monologue d’un corps » qui sera présentée à l’occasion du festival de l’émoi photographique 2018 du 24 mars au 29 avril.

Cette série est née de la collaboration d’une jeune écrivaine (20 ans), Candice Labrousse et d’un photographe, Philippe Le Roy (52 ans).

Nous sommes voisins, et nous habitons une petite ville de la banlieue d’Angoulême. Nous nous sommes rencontrés lors d’une séance photo pendant l’été 2016. Pendant ce shooting, nous avons échangé sur nos passions et nous avons imaginé de travailler ensemble sur un projet.

Nous souhaitions construire une œuvre commune, tout en laissant à chacun la liberté de s’exprimer dans sa discipline.

Au début de l’automne 2016 la feuille était blanche et nos interrogations étaient multiples : Comment l’écriture pouvait-elle se mêler à la photographie ? L’écriture devait-elle porter la photographie ? La photographie devait-elle être le sujet principal ? Après quelques journées de réflexion individuelle, nous avons déterminé le contour du projet. Nous avons choisi un thème qui nous tenait à cœur : le corps humain.

Nous habitons tous un corps avec notre âme. Vous souhaitions aborder le corps avec un regard différent. Aussi nous avons imaginé chaque partie du corps humain comme un individu qui raconte une histoire. Chaque partie du corps avec une âme et une conscience.

Candice s’est attelée à l’écriture des différents textes, pendant que Philippe réalisait les différents plans photographiques nécessaires à l’œuvre finale. La construction s’est étalée sur 3 mois environ, pour donner naissance à une première version qui a été présentée en février 2017, dans une médiathèque de l’agglomération d’Angoulême.

Le thème de l’émoi photographique 2018, « le corps dans tous ses états » approchait dans l’idée, la série que nous avions construite tous les deux. Nous avons donc décidé de présenter nos 12 planches à la sélection.

Pour répondre aux critères imposés, nous avons quelque peu adapté la série « Monologue d’un corps » : changement du format d’impression, réduction des textes, modification des fonds.

Au cours de l’automne 2017, nous avons appris avec beaucoup de bonheur que notre série avait retenu l’attention du jury.

Nous sommes heureux aujourd’hui de vous présenter notre œuvre commune.

Vous trouverez ci-après un aperçu des planches qui seront présentées lors du festival de l’émoi photographique du 30 mars au 25 avril 2018 à Angoulême. Pour toute information complémentaire n’hésitez pas à vous rendre sur le site www.emoiphotographique.fr