Cap à l’ouest

C’est l’histoire de 2 mecs (Dominique et Philippe) de Magnac sur Touvre en Charente qui décident de partir à vélo pendant 2 semaines en autonomie. Pour cette première expérience, direction La Bretagne. Un voyage en préparation depuis 6 mois.

Nous vous proposons de nous suivre pendant ces 2 semaines pendant lesquelles, nous allons poster quotidiennement quelques textes et photos.

Nous avons prévu un départ de Rennes, la ville où nous allons récupérer le matériel que nous avons loué (vélos de voyage, tente…) Comme la Covid19 est passée par là et comme il s’agit pour nous d’une première longue randonnée à vélo, nous avons préféré la location à l’achat. Coté circuit nous avons une idée approximative de l’itinéraire (issu pour la plupart du magnifique site FranceVéloTourisme) : Nous allons au départ emprunter la voie 2 Bretagne pour nous diriger vers Cancale. A partir de là, nous prévoyons suivre la vélomaritime (Eurovélo 4) jusqu’à Roscoff. Nous déciderons en fonction de la météo, de l’énergie qui nous reste dans les mollets etc. pour suivre la Voie 5 Bretagne jusqu’à Brest pour un retour en TER vers Rennes, la ville de départ

Lundi 24 mai: A une semaine du départ, nous finalisons les derniers achats sous un ciel charentais chargé de pluie. Nous vous proposons ci-après la liste que nous avons établie pour partir à 2 personnes pendant quinze jours (vous pourrez l’utiliser si vous le souhaitez, afin de préparer vos prochaines aventures) :

https://www.plr-photo.com/blog/wp-content/uploads/2021/05/EquipementVelo.pdf

Samedi 29 mai: J-2, the sun is shining, nous aussi 🙂

Dimanche 30 mai: Fête des mamans sous le soleil. C’est aussi l’occasion des derniers préparatifs. Les sacs sont prêts. Dernière pesée : on devrait approcher les 22 kg de charge par personne (Il faudra que les 2 bourricots aient des mollets d’acier) Le réveil est programmé pour 5h30 demain lundi 31. Maintenant, on ne peut plus faire machine arrière.

Lundi 31 mai : après avoir récupéré les vélos à Rennes, nous prenons la direction du Nord en suivant la Rance par un chemin de halage . Après 3 heures et demi, nous arrivons à Tinténiac pour notre première nuit.

Mardi 1er juin: nous poursuivons notre chemin de halage. Nous croisons une trentaine d’écluses toutes magnifiquement entretenues. A partir de Dinan nous nous égarons quelque peu pour terminer dans la vase ! Un peu de GPS et nous prenons la direction de Dinard où le bateau nous attend pour franchir la Rance. 30 km pour rejoindre Cancale, et nous arrivons au camping face au Mont Saint Michel.

(Désolé pour les morceaux de textes effacés et les doublons de photos, mais c’est assez sportif l’édition avec un smartphone)

Mercredi 2 juin: après 2 jours de soleil nous partons ce matin de Cancale avec de la grisaille. Passage par la ville aux 3 nationalités (on vous laisse le soin de chercher) et arrêt pique nique dans une chapelle (nous avons beaucoup prié) Nous nous arrêtons pour observer un chevreuil dans un champ … Ce soir nous faisons une halte à Peboulle (chouette camping « Le Frèche à l’âne » ) , nous retrouvons enfin la vélomaritime en direction du cap Frehel.

Jeudi 3 juin: nous sommes à Erquy et la pluie vient contrarier les plans de la journée. Un pique nique à l’abri sous les halles, nous allons devoir prendre une décision : attendre ou rouler sous la flotte. Nous avons choisi la 2eme option pour atterrir 3 heures plus tard, à Hillion face à la baie de Saint Brieux à 50m de la mer. Le temps de mettre la tente, les pantalons et cirés à sécher, nous allons nous balader près des rochers. Il est 20h15, ça caille et nous allons nous coucher…

Vendredi 4 juin: partis à 7h30 et arrivés à 19h15. Pour les passionnés de la grande boucle, nous sommes passés à Yffiniac la ville du blaireau. On sait maintenant pourquoi il était bon dans les côtes ! Déjeuner à Saint Quay Portrieux sous le soleil. Ce soir nous installons notre campement près de Bréhat.

Samedi 5 juin : nous continuons notre route à l’ouest en direction de la Côte de Granit Rose. Une pause déjeuner dans la très belle ville de Treguier: filet de hareng, pain de seigle, tomates et crème de soja. Après une belle série de côtes et une pause café, nous arrivons ce soir à Trébeurden. On croise les doigts, car pour l’instant le soleil, même quelque peu voilé, nous accompagne.

Dimanche 6 juin: pas le temps de passer à la messe (que le seigneur veuille bien nous pardonner) mais nos 2 bourricots nous attendent pour une nouvelle aventure. Où seront nous ce soir ? Pour l’instant on ne sait pas trop encore. Comme nous avions un peu d’avance sur le programme, nous avons décidé de ne pas aller sur Brest, mais de bifurquer à Morlaix pour rentrer tranquillement à vélo sur Rennes en passant par la Vélodyssée. Ce soir nous dormons à Carhaix-Plouguer situé vers le centre Bretagne.

Lundi 7 juin: pluie toute la nuit et au réveil, eau dans la tente et matelas trempés. Partis sous un ciel gris, on vient de s’arrêter déjeuner et faire une grande opération de séchage. Les chemins qui longent le canal de Nantes à Brest sont magnifiques. Il est 16h30, nous avons bien roulé. Nous décidons de nous installer au lac de Guerlédan pour la nuit. Micro ondes, plaque de cuisson, réfrigérateur, table et chaises : c’est le grand luxe.

Mardi 8 Juin : après une très bonne nuit au sec et un réveil dès 5h30 par la fanfare des merles, nous quittons Guerlédan pour rejoindre Pontivy dans le Morbihan. Nous venons d’arriver ce soir à Roc Saint André après 100 km sur la selle (les petits culs ont été mis à rude épreuve) Ce soir c’est grand festin avec une boîte de choucroute !

Mercredi 9 juin: il est 6h30 et les premiers rayons du soleil viennent réchauffer la toile de tente. Un bon petit déjeuner nous voilà repartis. Après un arrêt à Malestroit, magnifique village du 12 ème siècle, nous sommes passés à La Gacilly, le plus grand festival de photographies d’Europe en plein air. Pas de chance, les expositions ne commencent qu’à partir du 1er juillet. Nous avons ensuite pris une transversale pour rejoindre la ville de Guipry et retrouver le chemin (plat) de halage entre Saint Arzal et Rennes. Comme ne ne sommes plus qu’à 2 heures de notre point de départ, nous avons décidé de mettre fin à notre périple demain jeudi après 11 jours hors de Charente.

Merci à celles et ceux qui nous suivis dans cette aventure.

Dominique et Philippe

Voici les photos que nous avons réalisées au smartphone pendant ce périple:

Au pays des pilleurs d’épaves

« La renommée de cette côte est sinistre et mérite de l’être. Depuis que les hommes ont conquis l’empire des mers, les pointes de l’Île Vierge, de Guissény, de Pen-ar-Garec, de Kerlouan, de Brignogan, furent les auteurs et les témoins d’effroyables catastrophes. (…) En avant de ces rivages, et jusqu’à plusieurs milles en mer, la nature a jeté dans les fonds d’innombrables récifs.

Quelques-uns s’assèchent à la mer basse et, quand elle les recouvre, on ne peut les deviner qu’à l’écume des eaux qui viennent se briser sur leurs dentelures redoutables. D’autres ne sont jamais couverts. Ils émergent au-dessus des ondes : ici, aiguilles acérées ; là, rocs massifs s’allongeant comme des monstres accroupis. Il en est qui ne se montrent qu’à de rares intervalles, dans les mouvements des grandes marées, et ce ne sont pas les moins périlleux. Pour naviguer parmi ces écueils, il faut les connaître et pour ne pas s’y briser il faut n’être pas saisi par les courants, enveloppé par les brumes et surtout ne pas confondre les feux des phares qui éclairent la bonne route (…).

Encore aujourd’hui, des navires s’y perdent et, chaque année, on y signale des naufrages, bien qu’en ces endroits on ait multiplié phares, balises et signaux avertisseurs. Si, sur ces bords redoutés, les eaux pouvaient s’ouvrir (…) un vaste cimetière apparaîtrait sous nos yeux avec toutes les épaves que les siècles y ont accumulé, encore que les habitants en aient de tout temps arraché aux flots des quantités innombrables. »

Ernest Daudet, Au pays des pilleurs d’épaves, article paru dans le journal Le Temps n° 13987 du 23 septembre 1899.

Malheureusement je n’ai pas réussi à faire de portraits de ces pilleurs d’épaves. Aujourd’hui, il ne reste que peu de traces de ces naufrages. Peut-être que seuls ces paysages s’en souviennent ? Les rochers, le sable, les algues ont balayé et disloqué les carcasses de ces navires. Seuls les coquillages peuvent nous laisser imaginer ce sinistre passé.

Pêche aux coques

Pendant cet été 2018, la canicule est présente sur toute l’Europe. Seule la partie à l’extrême-ouest du pays résiste à cette vague de chaleur. Les températures clémentes entre 25 et 30 degrés, permettent de sortir en pleine journée.

Ce matin, nous sommes partis en famille près de l’Aber-Wrac’h à la pêche aux coques. 10h, air ambiant à 25°, marée basse, coefficient de marée de 80 : les conditions sont optimales.

Autour de nous, à part quelques marcheurs à la recherche d’étrilles, la plage est déserte. Au loin, le phare de l’île Vierge et nous commençons à ratisser les bords de mer. Après quelques minutes, les premières coques apparaissent. De jolies spéciwomens 😉

Les seaux, les paniers en osier se remplissent tranquillement et après plus de 2 heures les pieds dans l’eau, nous rassemblons le résultat de notre pêche. Le compte est bon, le repas du soir est assuré.

Un peu de beurre, quelques échalotes émincées, de l’ail haché et un verre de blanc sec, 3 minutes de cuisson et le festin est sur la table.

Un plaisir simple, mais combien bon !

Ci-après quelques photos réalisées au smartphone :